La métamorphose
Ce titre d’un ouvrage d’Apulée n’est pas sans évoquer plusieurs images. Un peu partout dans le monde antique, les cultes à mystères foisonnaient, dans des sociétés qui étaient déjà très influencées par la religion et les mythes. Ce latind’origine africaine voyageait beaucoup et se faisait initier à ces cultes qu’il rencontrait sur sa route. Il enseignait aussi en grec et en latin à la manière des rétheurs. Il révèle dans son roman aussi appelé l’Âne d’or, quelques aperçus du culte d’Isis à travers une fable païenne un peu ironique. Le roman culmine en la description d’une scène de ces mystères. Ce culte d’Isis se perpétuera jusqu’au sixième siècle, et sera le culte qui résistera le plus longtemps au Christianisme.
« L’Ane d’or (…) raconte les aventures d’un certain Lucius, qui par suite de l’emploi imprudent d’une drogue magique se trouve transformé en âne. Il ne redeviendra homme que s’il broute des roses. Il n’en trouve l’occasion qu’à la fin du livre, en rencontrant une procession en l’hommeur d’Isis. C’est dans ce roman que se trouvent racontées par une vieille, les fameuses Aventures de Psyché. »
(Histoire sommaire de la littérature latine, p. 172)
Muté en âne, drogué, il erra dans le noir jusqu’à ce qu’il retrouve, guidé par les initiés, enfin le chemin vers la lumière, la félicité en célébrant les mystères (la rose). N’est-ce pas là la plus simple des bacchanales? L’antiquité était avide d’embellir l’édifice de la mythologie par toutes sortes de croyances et de récits incroyables. Ces témoignages restent tout de même des récits de première main sur les coutumes antiques. Les expériences de toutes sortes, philosophies et histoires fantastiques abondent, et forment la base dans laquelle les philosophes et du Moyen-Âge naissant alimenteront leurs réflexions métaphysiques, scientifiques et politiques.
Pour Agrippa, la chose semble claire : ces récits sont véridiques, et les anciens ne mentaient pas lorsqu’ils prétendaient avoir vu ces « miracles du surnaturel ». Le symbolisme est la clé de voûte de cet édifice culturel et spirituel, ce qui permet d’en percer le mystère; ce qui est en haut est comme ce qui est en bas…
Dans les mythes
On trouve dans toutes les mythologies, védique, nordique, grecque aussi bien que dans les diverses formes du chamanisme primitif plusieurs types de métamorphoses. Pour les peuples du nord, certaines divinités ont pour attribut la métamorphose; Loki le métamorphe par excellence, Freya, la grande Déesse, Frig, Gefion, les Valkyries se changeant en cygnes, ainsi que Volund, dieu des forgerons, possédant le pouvoir de se transformer en cheval. On ne pourrait oublier Odhin, qui possède les hommes ou leur fait perdre la raison, en leur faisant le don de trois folies : celles du guerrier au combat, du voyant en transe et du poète pendant qu’il crée.
Chez les Grecs, les dieux se mêlent aux hommes, aussi bien sous la forme de beaux personnages que d’animaux ou même de manifestations variées. C’est le stratagème favori du grand Zeus pour séduire de belles mortelles. C’est ainsi qu’il se transforme tour à tour en taureau pour Europe, en pluie d’or pour la captive Danaé et en cygne pour Léda. Il transforma aussi la belle Io en blanche et innocente génisse pour la soustraire aux fureurs de sa possessive femme Junon; cette chaste jeune fille, se mourant des piqûres de taon lancées furieusement par Junon, mourra dans cet état, et c’est elle que les Égyptiens vénéraient sous le nom d’Isis. On peut donc constater que ces transformations symboliques, que ce soit comme l’animal représentant la fertilité, le taureau, celui représentant la pureté et la séduction, le cygne, ou bien cette pluie d’or mystérieuse, ne sauraient se limiter à des formes précises. Les dieux ont aussi une fâcheuse tendance à transformer de malheureux mortels: comme Io le fut en génisse, Hyacinte en la fleur du même nom, ou bien Diane (Hékate) transformant en cerf Actéon, qui avait surpris la déesse et ses nymphes durant leur bain entre deux parties de chasse, et qui finit dévoré par ses propres chiens. Pour avoir mal conduit le char de son père, Phaéton, fils d’Appollon, sera foudroyé et tomba dans un fleuve d’Italie, l’Eridan. Son fidèle ami fut transformé en cygne, et ses sœurs, en peupliers argentés. Ces deux derniers symboles dénotent un sentiment mêlé de tristesse et de patience éternelle.
Pluton n’était pas très populaire auprès des femmes. Il n’obtenait comme réponse à ses charmes que le refus ou le sourire moqueur des déesses de l’Olympe. L’idée lui vint donc d’aller se promener en Sicile, dans les campagnes où folâtraient des nymphes. Les nymphes, dans toute leur candeur et leur innocence, tremblent devant son visage sombre; toutes ont peur et s’enfuient, sauf une, Proserpine, qui était absorbée dans la contemplation d’un narcisse. Pluton l’enleva alors malgré tous ses cris et ses pleurs. Elle comprit à son réveil qu’elle était maintenant la fiancée de Pluton, le Dieu des morts! Mais ses appels de désespoir furent entendus par sa mère, Cérès, qui demanda par toute l’Olympe ce qui était arrivé à sa fille. Quelqu’un l’avait aperçu dans le quadrige de chevaux noirs conduit par le dieu à la fourche. Elle s’adresse donc à Zeus afin de réclamer sa fille; entendant les deux partis, il décide donc de la laisser à son époux pendant six mois, et durant six autres elle retournera auprès de sa mère. Ce conte renvoie aux deux états de conscience, celui de la conscience –vierge- normale et celle –mariée- qui est altérée. Au monde terrestre versus les mondes célestes et infernaux, aux cycles des saisons, au jour et à la nuit. En étant un pied dans un monde et un pied dans l’autre, la jeune fille demeure Déesse dans les cieux et souveraine de l’empire des morts. Elle partage à la fois le devoir de la vie royale et conjugale, et de l’autre côté, profite des soins et de la tendresse de sa mère la Déesse. On voit apparaître le changement dans tous les mondes à la fois, cela touche donc tous les niveaux de l’être. L’ingrédient secret de la métamorphose serait quelque part dans cet état où nous avons un pied dans un monde, et un dans l’autre.
Le serpent est aussi symbole de métamorphose. Il perdra sa peau durant la mue; c’est parce qu’il grandit, évolue. Achéloüs, dans l’histoire d’Hercule, est le futur fiancé de la fille d’Oené, Déjanire. Hercule compte bien la demander en mariage; il sait par ailleurs que son étrange prétendant est métamorphe, qu’il se transforme parfois en serpent, en taureau ou bien ajoute simplement des cornes sur sa tête. L’amant déchu provoque donc Hercule et use de ses métamorphoses; ce dernier, vainqueur de tant d’épreuves, le jeta sans effort dans un fleuve, dans lequel il se noya. Étrange ressemblance avec l’histoire du minautore, où le héros tue le monstre de l’animalité par amour… Les métamorphoses nécessitent un changement radical de l’état de consience complet de l’être. Tout ce qui va renaître doit mourir; c’est permettre à la force de vie du changement d’exercer une influence totale sur notre être.
Le serpent n’est autre que cette force incontrôlable, à la fois charnelle et indivisible, innée, et appelée Kundalini-Shakti par les pratiquants du Tantra; ces derniers cherchent à la provoquer pour ensuite la canaliser et l’utiliser. Le danger inhérent à ces pratiques est sans aucun doute couronné par la folie pour les amateurs… Symbole de l’énergie vitale, il est lové à la base de l’épine dorsale, et suivant les techniques millénaires du Tantra, se réveille et monte jusqu’à submerger l’être total qui participe alors de la divinité.
Dans le cabinet occulte
Une forme de vie qui ne s’adapte pas, meurt. C’est ce que déduit le grand savant américain du vingtième siècle Buckminster Fuller lorsqu’il parle des espèces ayant évolué de façon trop spécifique. Les dernières races hominidées et les grandes civilisations tirent leur survie de ce principe. Cela nous rappelle à quel point l’importance d’adopter le changement en tant qu’espèce, collectivement et individuellement. Il en est de même pour les formes-pensées, les modèles (ou « patterns ») que nous utilisons et enfin pour nos manifestations technologiques et artistiques. Mais ces modèles procèdent de principes inflexibles qui sont les guides innés de la Nature.
« On n’invente pas l’occultisme et on ne le modifie pas au gré de ses caprices, pas plus qu’on ne change le cours des jours, des mois et des années; on le révèle ou on l’adapte, voilà tout. »
(Papus, Traité méthodique de magie pratique, p. 393)
Papus dit ici trois choses fondamentales. Que le changement se provoque par lui-même, car son essence est inhérente à la vie. Que le processus magique en tant que tel est aussi éternel, et cela coupe froidement l’herbe sous le pied des charlatans qui prétendraient avoir « découvert » ou « reçu » des révélations nouvelles et extraordinaires qui feraient d’eux des maîtres spirituels. Et ce qu’il veut dire par révéler ou adapter, c’est selon moi la voie en elle-même. Car il nous faut révéler ces principes de philosophie éternelle en les adaptant par nos actes à notre siècle, à notre vie, à notre personnalité. C’est notre petite œuvre, tissée dans une plus grande œuvre de portée cosmique.
Quels sont ces états dans lequel l’homme « communique avec l’au-delà »? Les Tibétains les nomment bardos; ce sont des états de conscience altérée à travers lesquels la conscience, changeante, se manifeste de façon spécifique. Héritiers des chamanes Böns, leur entraînement, très difficile, fut dès l’origine des épreuves d’endurance physique et morale très éprouvantes pour les futurs initiés. Les méditations interminables et complexes, les jeûnes répétés et les chants monotones, jusqu’à la mutilation corporelle et les longs rituels codifiés par des rites ancestraux; rien n’était laissé au hasard. Les danses de moines personifiant des démons fait aussi état de « possessions» qui sont le combat que l’initié livre dans les différents mondes. Ces états, au nombre de six, sont parallèles aux six mondes de l’Univers lui-même : l’état de veille, l’état du sommeil, l’état de la mort elle-même, l’état entre la mort et la vie, l’état de méditation et l’état du rêve. Je pourrais ajouter à cette liste l’état des psychoactifs, qui sont les substances sacrées utilisées par les chamanes de par le monde… Mais les vieux chamanes prétendent que d’utiliser un médium tel que les plantes n’est que superflu et qu’il faut être capable d’entrer dans l’état altéré naturellement.
Les techniques de transe sont innombrables et varient d’un contexte à l’autre. Nul n’est besoin ici de les énumérer toutes, mais citons tout de même les rituélies qui caractérisent nos études occidentales : Cercle magique, méditation, invocations verbales, danses et chants rituels, drogues et encens, postures, restrictions physiques (jeûnes, épreuves, bandeaux, cordes, berceau des sorcières), et mentales (telles que des vœux), ou contextes stimulants, jeux de pouvoirs (magie de groupe ou activiste), et enfin, la dernière mais non la moindre, ce qu’on appelle « le Grand Rite ». Gerald Gardner, le fondateur de la Wicca, consigna ces techniques sous le nom de Eightfold Way – la voie octuple.
Les pratiquants du Vaudou ajoutent à cela le sacrifice rituel; nous le faisons aussi en Occident mais à l’heure actuelle, il ne s’agit bien souvent que du sacrifice du repas de la communion fraternelle. C’est le retour aux nécessités humaines, quoi que sacrées de par leur nature d’entretenir la vie; le retour aux éléments. Cette nourriture doit être sacrifiée afin de permettre à nos corps de vivre. Durant l’élévation, à la messe, le prêtre dit « hoc est corpus », élève l’hostie et la présente aux fidèles; c’est le symbole du sacrifice de « l’agneau pascal », qui de simple agneau devient vaisseau des erreurs de ce monde. Cette phrase donna naissance au fameux Hocus Pocus des magiciens de scène; avec sa baguette, il fait alors sortir un lapin (la lune) du chapeau. Encore un symbole de transformation. Dans un ancien rituel nordique, destiné à honorer les guerriers, les gâteaux prennent la forme d’hommes et d’animaux.
Durant les petits mystères d’Éleusis, un curieux banquet célébrant les mystères de la mort et de la résurection d’un dieu solaire, Dionysos (Bacchus). Peut-être témoignage ancien d’un sacrifice qui était probablement sanglant:
« Ce culte s’adressait davantage à Dionysos qu’à Déméter. Son personnage s’accordait, du reste, avec la pensée profonde des Mystères. Sous sa forme première, il était déjà un dieu mourant, puis renaissant. Un dieu qui entrait en contact avec les hommes à l’occasion de banquets sacrés, dans lesquels il était personifié par des animaux – des taureaux, généralement – que ses suivantes, les Ménades, dévoraient vifs. »
(Histoire de la magie et de l’occultisme, p. 207)
Un autre rituel pratiqué dans le monde antique consistait à creuser un puit et le recouvrir d’une grille. L’initié prenait place dans ce puit, et l’on sacrifiait un taureau sur la grille; il reçevait alors le sang comme un baptême. C’étais là un rituel hautement respecté et celui qui y prenait part était réputé pour avoir un pouvoir particulier.
Les témoignages de sacrifices abondent dans la littérature ancienne de tous les peuples. L’énergie vitale emmagasinée est libérée brutalement; et l’acte de se nourrir est le symbole de cette mort créant la vie par absorbtion dans un principe plus grand. Communion divine dans les deux cas, permettant la transformation et le changement d’un état à un autre. Certains charmes peuveut aussi être transmis par la nourriture ou les boissons. Les envoûtements sont souvent la conséquence d’un « philtre » ou d’un support donné à la victime, imprégné de la volonté du sorcier. La pomme de Blanche-Neige, par exemple…
Métamorphoses et possessions
La « possession » en tant que telle n’est possible que si l’on s’abandonne totalement. Alors suivant ce raisonnement la métamorphose c’est l’abandon de la conscience propre de l’être vers un état de conscience altéré, permettant au changement de subvenir. Je me dois de mentionner le symbole du papillon, étrange larve qui, mourant à elle-même dans une chrysalide, devient une merveille ailée. Et en magie, c’est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’être que ce changement se manifeste. Les recettes et rituels ne sont que stratégies de transe exprimées à des degrés divers.
J’ai fait mention précédemment du lien qui se dégage entre possession et métamorphose. Les possédés, comme les métamorphes, manifestent des signes frappants de leur état second. On remarquait un changement dans la physionomie, parfois la victime parlait en langues, tombait en catalepsie, ou allait jusqu’à faire des crises de rage, d’hystérie, qui caractérisent certains malades mentaux à l’heure actuelle. Ces symptômes de possession sont aussi fréquents chez les mystiques : ces derniers finissent derviches tourneurs, cloués sur une croix à Pâques ou en pleine séance de flagellation religieuse. Perdant le contrôle de leurs moyens, leur folie passagère devient mortification de la chair ou extase divine. Les techniques de transe, dans leur cas, sont à la fois cause et conséquence de possession. On note aussi la tendance qu’ont les possédés à entraîner les « esprits réceptifs» autour d’eux; s’ensuivent alors hystéries et possessions collectives. Ces pratiques ressemblent étrangement à celles que l’on peut voir dans les peuples autochtones et chez les pratiquants du vaudou : l’hystérie gagne souvent les participants présents qui assistent passivement au déroulement du « spectacle », comme magnétisés, hypnotisés. Les nonnes contemplatives, les enfants, les villageois étaient plus enclins à devenir « possédés » de par leur vie commune, leurs privations et leur soif de « miracles », d’extraordinaire. De jeunes femmes et jeunes hommes cloîtrés privés de tout contact avec l’extérieur, en méditation continuelle et ne connaissant pas les joies de l’amour charnel sont les victimes idéales des démons; ces passions se manifesteront et prendront le contrôle parfois d’un seul corps, parfois de communautés complètes. Les pauvres filles invoqueront Marie, le Christ et les saints, mais tomberont tout de même sous les griffes des esprits maudits. Que dire des exorcistes et inquisiteurs qui, en position de pouvoir, prendront un plaisir malin à aller prouver la véracité de ces possession, dans la chair cette fois…
Dans les cas occidentaux de possession, on va même pointer du doigt bestioles, insectes, crapauds et serpents comme les causes de ces perversités. Les démons d’ailleurs se manifestent souvent comme d’étranges bêtes fantastiques. On peut y voir un lien évident avec les divinités se changeant en serpent. Chez les chamanes guérisseurs, le chamane, en effectuant un voyage dans l’autre-monde, est en mesure de voir la « cause astrale » de la maladie. Il verra souvent vers, scorpions, insectes rampants, à quelqu’endroit du jardin secret de son patient. C’est ainsi que le chamane considère son patient comme « possédé » de forces dont il n’a pas le contrôle; il s’en remettra aux bons soins de l’homme médecine. C’est alors son devoir d’éliminer les intrus, en faisant bien attention de ne pas les intégrer lui-même. Sinon c’est la maladie ou la mort qui attend le guérisseur…
Dans le vaudou
Le vaudou, cette tradition initiatique hiérarchisée et complexe, a un visage similaire à notre tradition. Elle se dit elle-même révélation divine des anciens mages d’Afrique et se présente comme le rite précurseur des anciennes théocraties assyriennes, éthiopiennes et égyptiennes. Les analogies sont frappantes; les symboles, les techniques, sont pratiquement les mêmes que les nôtres, exprimés différemment. Les deux couleuvres Da (Legba) et Ai-Da (Erzulie), sont les deux serpents, solaires et lunaires, du caducée, couronnés par le sublime Damballah (semblable au tibétain Shamballah), formant le triangle sacré de l’abysse… Le poteau mitan, poteau de bois monté dans un socle triangulaire toujours placé au centre du temple, représente l’arbre cosmique, le Christ solaire vaudou, permettant la rédemption par le sacrifice. Les loa sont symboles des « lois » qui gouvernent ce monde. Tracés à l’aide de différentes poudres, les vèvè sont les supports matériels des loa, mystères vaudous; ils les font descendre sur terre. Dieux, esprits, égrégores, puissances, et ancêtres, ils sont les mystères et les gardiens de cette tradition. Eux aussi possèdent comme support des arbres, dont le choix est fait en lien avec les pouvoirs des loa. Ils sont soumis au pouvoir du Soleil, ou Legba; c’est le maitt’tête, le maître des forces, et aussi d’Erzulie, la Lune. Au son pénétrant des nombreux tambours, ensorcelé par les chants et les danses, provoqués par les rituels de la prêtresse, les loa descendent de la ville symbolique d’Ifé pour se manifester parmis les hommes. Ils assistent aux cérémonies et parfois possèdent des initiés. On dit alors qu’ils « chevauchent » leur hôtes charnels.
« Au cours des cérémonies voudoesques, la reproduction des forces astrales figurées par les vèvè oblige les loa (qui sont des figurations d’astres, d’étoiles, de planètes) à descendre sur la terre! »
Ce sont même souvent les loas qui initient les futurs prêtres, alors que la tradition se perd dans la nuit des temps. Leur pouvoir est grand, et les invoquer, une tâche que les différents acteurs de ces mystères accomplissent depuis la nuit des temps.
Et aujourd’hui…
Cette capacité à manifester le changement se traduit chez le magicien moderne par plusieurs types de métamorphoses. Usant de sa capacité à « marcher entre les mondes », son pouvoir réside dans la force qui l’habitera durant la transformation. Cette transformation peut s’effectuer dans chacun des quatre mondes : celui des Archétypes (Atzilut), celui de la Création (Briah), celui des Formes (Yetzirah) et le monde matériel (Assiah). On peut résumer en disant qu’il se transformera principalement au niveau des idées pour que ce changement se transfère dans la forme, ou vice-versa : il adoptera la forme désirée pour qu’elle s’inscrive dans le monde des idées, ensuite, des archétypes.
Concrètement, cette application peut prendre plusieurs niveaux. Le magicien doit s’identifier à la force qu’il désire invoquer en lui : que ce soit égrégore, ange, démon, divinité, ou esprit animal. C’est ce que fait le chamane qui fait la danse de son animal totem. Le chamane, en battant d’un rythme lent mais constant son tambour magique, s’imprègne tranquillement de l’esprit de l’animal qu’il veut invoquer. Il se met à danser, suivant ses sensations, ses sentiments. Il peut aussi entonner son chant de pouvoir. L’animal prend forme en lui, le sorcier adopte ses traits et change totalement d’attitude. Tant qu’il battra le tambour, l’esprit restera en lui; cela peut durer un temps très long jusqu’à ce que le sorcier, épuisé, cesse de danser et s’effondre de fatigue.
Cela va sans dire, quelqu’un ayant naturellement une plus grande aptitude à entrer en transe sera plus facilement « possédé », il en verra les effets plus rapidement. Tous ses moyens et toute sa volonté doivent tendre vers le but qu’il s’est fixé. Les considérations astrologiques et les talismans sont traditionnellement employés comme supports des forces invoquées, agissant à titres de « « pactes », de sceaux. À cela le sorcier ajoute des techniques de transe afin de provoquer la mutation.
Bibliographie
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