Commentaire sur le Liber Polaris
1e Partie L’on m’a récemment demandé de faire l’analyse et le commentaire du Rite qui vient d’être écrit suivant mes bons soins. Les deux jours qu’ont nécessité l’élaboration de cette monumentale œuvre, dont je ne m’attribue pas plus le mérite que mes prédécesseurs ne l’ont fait pour la connaissance initiatique elle-même, ne reflètent point l’immense travail désintéressé qu’en a nécessité la compréhension profonde du contenu. La complexité et la beauté de ce rituel en font un sommaire précis et efficace de la magie des anciens, dans toute sa splendeur et son mysticisme. Cette complexité rend encore plus difficile la tâche qui m’attends, et je souhaite réduire l’espace et les mots pour exprimer l’essence de l’initiation véritable, la connaissance et l’application du Verbe, ou Logos vivant. Je vais débuter dans cette tâche ardue sans plus attendre, et tenterai de présenter à la fois l’essentiel et le symbolisme le plus profond et universel que ce que les forces présidant à l’écriture du Rite de Polaris m’auront enseigné.
Certaines choses doivent être éclaircies pour la bonne compréhension de ce qui va suivre. Les sources du Rite sont nombreuses. Je m’efforcerai de les retracer dans la mesure du possible et d’en élaborer les liens si la source ne peut être citée. L’Adepte doit absolument comprendre que tout est symbole, que chaque parole, chaque action a son parallèle dans le monde de la lumière vivante. Il doit aussi s’attendre à ce que les entités du Rite lui enseignent plusieurs choses concernant ses mystères et ses symboles. Je vais aussi tâcher de rassembler la connaissance qu’ils m’ont transmise à travers cet essai. Chose certaine, c’est un travail titanesque qui devra être réévalué à la lumière de connaissances nouvelles, puisque son symbolisme est quasi inépuisable.
Généralités
Language angélique
Ce language ne serait nul autre que la langue mère, la langue dite des oiseaux, « verte » ou « argotique ». Elle est à l’origine de plusieurs langues ayant parenté commune, citons l’éthiopien, le copte, l’hébreu, l’arabe, le sanskrit… Elle tire son origine dans le symbolisme profond que représentait la nature pour les anciens; chaque représentation verbalisée devient symbole, qui prend alors de la latitude par rapport à son sens brut, et devient par extension, un concept ou le phonème prime sur le sens premier, et un mot est né.
C’est ce qui explique pourquoi la plupart de langues anciennes étaient formées à partir d’idéogrammes. D’une simple idée découlait plusieurs concepts, qui étaient les nombreux niveaux de compréhension de cette idée. La plupart des langues prenant racine sur ce tronc commun que nous nommons Tradition ont un sens se rattachant plus à la prononciation et au concept originel des mots plutôt qu’à leur sens direct, d’où nous pouvons tirer leurs racines. Le mot prend alors plusieurs significations, suivant le cas ou on le comprend sous son vrai sens, sous son sens figuré, son sens symbolique ou sacré (hiératique) ou son sens initiatique –dit hiéroglyphique. Car il y avait, en Égypte ancienne, une langue profane et une langue sacrée, s’interpénétrant mais de nature différente, chacune ayant son usage. L’hébreu serait une tentative d’idéalisation de la langue mère hiérogrammatique. Telle était la nature du langage pour les anciens.
Ce qui suit m’a été transmis durant une performance du Rite. J’ai demandé, il y a environ un an, aux forces de l’Univers que des entités m’aident à avancer sur la voie. Une entité que je ne peux nommer ici m’a expliqué la nature et la signification de ce langage. Il constituait selon lui, la première Alliance de Dieu avec les Hommes et était la racine du contact entre l’Homme et l’Univers, et le gage véritable du don divin de son pouvoir créateur sur la Nature. Je retransmet ici tel quel ce que me révéla l’entité en question et tenterai d’en comparer la nature avec les auteurs spécialistes du langage.
« Nous avons de longues phrases, saturées et complexes, formées de mots ayant plusieurs sens, arrangées et gérées selon des lois interminables, comme nos actes le sont, désordonnés et sans but. Nous avons d’ailleurs souvent perdu le sens premier de l’idée d’un mot.
Les Anciens, au contraire, n’avaient que les lettres, qui formaient la base de leur système (alphabet) et dont la profondeur fait dire à une seule lettre ce que plusieurs livres manqueraient à expliquer.
L’enchaînement de ces lettres relève donc ainsi d’un long processus de réflexion, puis de « digitalisation » de l’information, comme le serait un système de gestion de l’énergie vitale (similaire à la gestion d’une centrale nucléaire.)
Les mots ne sont donc qu’une complexification de ce système de « numérisation », un « logiciel de gestion » en quelque sorte.
Ils agissent eux-mêmes comme réceptacles, comme le font les talismans et les sceaux. C’est ainsi qu’un mot naît, vit, et meurt, comme les entités qui vivent sous le Soleil.
Il ne pouvait alors y avoir de grandes phrases, le processus étant extrêmement complexe seulement avec quelques lettres. L’humain s’étant enténébré dans l’ignorance, il s’est alors embrouillé à travers les « couches » - ce qui donna naissance à la tour de Babel, les hommes perdant à la fois le pouvoir sur le Serpent (le jardin originel) et ne comprenant plus le sens du système magique de départ. Ils ne pouvaient alors plus se comprendre. C’est ainsi que la première Alliance fut perdue.
Car si le propre de l’Homme est le Verbe, c’est donc par sa vertu que nous sommes damnés et libérés. Damnés, car c’est ce qui précipite la chute (toute-puissance double), et libérés, parce que le Verbe est le réceptacle créateur de toute chose.
Dieu donnera une nouvelle Alliance aux Hommes mais le temps n’en est pas encore venu. » (Journal magique, travaux du 29/03/09)
Le Langage Angélique
A – Œuvre, création B – Maturation, tendresse G – Fécondation, oeuf D – Condensateur, forme E – Existence, être, souffle U – Incarnation Z – Contact, union mystique H – Force (Ch) T – Flèche, pointeur I – Conscience, germe J – Désir, prière, aspiration K – Puissance créatrice L – Transmission, don, force expansive M – Le cœur, amour N – Retour, réceptacle, dispersion. (gloire, négation, dualité) S – Union (miracle, douceur…) AY – Repli, chute, introspection P(F) – Projection, vol Q – Semer R – Maîtrise Sh – Feu, lumière T – Finalité, résultat, matière
L’histoire de la Création
Pour bien comprendre le texte du rituel qui va suivre, je vais tenter de résumer l’histoire de la création selon les Égyptiens. Cette histoire est racontée par le dieu Neb-er-tcher, le seigneur à la limite la plus vaste– compris comme celui emplissant toute possibilité, tout espace. Il se manifesta sous la forme du dieu Khepera, sortant de l’abîme-océan qui portait le nom de Nu. Selon les différentes légende, Khepera fut engendré par le passage de l’inertie à l’activité, ou simplement en prononçant son propre nom. Ce processus qui consiste à engendrer des choses par pensée s’exprimait par poser les fondations dans le cœur. Ce dieu créateur, assisté de Maat, engendra par un acte de masturbation en un lieu appelé On (Anu), Shu et Tefnu, l’air et l’eau. Ces deux derniers enfantèrent Nout et Keb (parfois appelé Geb), le Ciel et la Terre. Au début, le Soleil ou sa lumière, l’œil de Khepera, était considéré comme une émanation de Shu. Mais les dieux Nout et Keb étaient unis en extase, et l’effet de la venue de la lumière fut de les séparer. Alors durant le jour, Shu séparait Nout de Keb, et quand la nuit viendrait, Nout embrasserait Keb à nouveau. Les ébats de Nout et Keb donnèrent naissance aux premiers dieux, Osiris, Isis, Horus, Nephtys et Set, durant les cinq jours dit épagomènes, dans les premiers degrés du signe de la Vierge. (Naissance d’Osiris le 24 août, d’Horus le 25, de Seth le 26, d’Isis le 27 et Nephtys le 28 août). Osiris et Isis se marièrent avant leur naissance, et Isis mit au monde son fils Horus. Set et Nephtys se marièrent aussi, et donnèrent naissance à Anpu (Anubis). Selon la légende, l’homme et la femme ne naquirent pas de la Terre, mais tombèrent directement du corps de Khepera (Neb-er-tcher), qui rassembla leurs membres et les amena à la vie par ses larmes. (traduction et adaptation de Wallis Budge, Legends of the Gods, pdf, p.4 à 9)
À suivre…
|