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L’Abysse 2e partie

27/01/09

 

Dans mes pérégrinations au sujet de l’Abysse il m’est arrivé de déterrer plusieurs analogies entre l’Abysse et la porte créée par la conscience du rapport microcosme/macrocosme. Dans mon texte précédent, j’ai fait l’analyse du rapport entre le cheminement intérieur et l’art Magick. J’ai aussi parlé de son lien avec Daath, la non-séphire, et Yog-Sothoth, qui dans le mythe Lovecraftien, est la « porte » par laquelle les Anciens traversent vers notre monde.Tout cela nous ramène toujours au lien causal/acausal évoqué dans les enseignements sabbatiques.

 

Je voulais en second lieu vous présenter ici mon expérience personnelle de cette étape de l’être. Sans prétendre avoir passé l’Abysse, parce que certains sorciers y voient un gage d’initiation élevée, je vous livre tout de même les humbles visions que j’eus à ce sujet, récupérés d’un ancien journal magique dans lequel j’avais écrit les péripéties d’une expérience enthéogène.

 

 

«25/01/08

 

Je crois que je suis sur le point de passer l’Abysse. Les sept fleuves se jettent dans la mer et donnent à l’eau une couleur de sang. Que dois-je faire?? Traverser ce gouffre sombre et sublime? Aller toujours plus loin dans la conquête du mystère?

 

Je suis la Divine Comédie. Celle qui se joue depuis le début. Celle qui parcourt la voie sombre et rocailleuse par delà les limites sauvages de l’existence. Je me redécouvre sans cesse par le seul bonheur d’exister. Sans visage mais toujours florissante, je secoue pour (je ne peux relire le manuscrit, entre les lignes troubles et le dessin d’un caducée vivant…), éprouver les natures, leur permettre de comprendre et finalement, d’émettre.

 

L’Abysse est cette relation entre causal et acausal, entre le Moi et le reste. Il sous-tend la folie ou la sagesse. C’est le révélateur véritable des mondes. Les éléments sont comme des enfants, ont doit apprendre à jouer avec eux,  les comprendre, et finalement les unir en forces pour en tirer le maximum de leurs capacités. Car réunis ils partagent d’une nature supérieure, appelée Azoth, ou Ethos, ceci étant le point de départ pour faire la teinture philosophale.

 

L’Abysse, c’est nourrir un œuf puis le faire éclore, ensuite le consumer pour ensuite étendre ses cendres encore chaudes sur la terre fraîche et humide. La vapeur qui en résultera sera la nourriture de l’œuf à venir, etc. C’est d’ailleurs ce qui distingue l’homme en tant que race spécifique c’est de comprendre ces processus et les mécanismes d’évolution dans le but d’acquérir et de développer une conscience supérieure à celle des Dieux.


 Aeonic Magicks = Time shifts!!


Si Lucifer est l’étoile du Matin, qui est l’Étoile du Soir?

 

(…)

 

Le but commun de tous les enseignements est de les dépasser.

 

(…)


(N. d. l’a.: À partir de ce point, j’ai eu énormément de difficulté à retrouver le texte original, car il est entremêlé de gribouillis représentant un cube, une aigle à deux têtes tenant dans ses serres deux serpents enlacés, une fleur de vie, un crâne et des os, une étoile renversée, et un compas…)

 

From the primeval darkness came life. Life spins as a wheel which only devours itself through the continuum of space time. I was always searching for something new to experiment. Never forget that your dreams are the pathway, the door to real magick (…) of ourselves, our goals, our means is the reals end, thus the real reg(…) That is the ancestral way of living Divine life. »


 

L’adepte parcourt les chemins de vie, subit toutes sortes d’épreuves, et finit par tenter l’ultime solution aux problèmes de la vie : en finir avec toutes ces disparités, les unir en un seul et même Être, un seul corps. C’est seulement ainsi qu’il cessera de souffrir, parce qu’il sera mort au monde, et que le monde et lui ne feront qu’un. Cette union symbolique s’opère dans l’âme, et n’est visible de l’extérieur que par un œil averti. C’est un passage effrayant auquel peu d’adeptes s’en tirent indemnes. C’est la noirceur de l’âme. Cette métamorphose peut durer un certain temps, le temps que les sphères internes subissent l’union et l’intègrent. Évidemment le risque est grand, car nous sommes habitués à nous identifier à notre corps, nos pensées, nos émotions. L’âme ne peut s’incarner et agir si nos sens sont en déroute, si nos pensées sont saccadées, étroites, ou troubles. Ce risque est de nature double : la folie et la dispersion nous guettent car c’est le lot des précipités, des faibles d’esprit. Le second risque est celui de l’oubli (dans le bouddhisme : l’ignorance) qui est la mort de l’âme. L’initié peut croire qu’il a terminé son parcours et en finir là.

En abandonnant complètement son corps et ses sens au Sublime, c’est la porte par lequel nous pouvons entrer dans le monde spirituel et faire descendre ses grâces. Il ne faut pas croire que ce monde spirituel est différent du nôtre, car c’est dans la vie de tous les jours que cette Unio Mystica doit se répandre afin de transformer le Plomb en Or. L’Adepte doit extérioriser cette union, tout en gardant le silence sur les mystères de son cœur. Il ne peut pas soulever le voile d’Isis pour les autres, car ce serait sacrilège.

 

Choronzon ainsi est soumis par l’Abysse elle-même. Alors celui qui aurait traversé sa rencontre avec le Gardien du Portail, passé ce moment de ténèbres ultimes,  n’est plus sous la domination des démons, parce qu’il les embrassse tous, les avalant du même coup.

 

L’Adepte interne comprend les rapports étroits entre ses différents corps, son âme l’habite enfin totalement. L’Adepte externe s’imprègne de l’Univers, maîtrise les éléments, et offre toute son œuvre à l’humanité. L’étoile flamboyante et l’étoile de David s’unissent, la mort de l’âme survient et le sacrifice de l’adepte est de marcher tranquillement vers l’Abysse, en toute confiance et sérénité, comme on peut le voir sur la carte du Fou. C’est de ce sacrifice que naîtra l’Élixir de vie – qui est, selon mon humble avis et sans peur de déchirer le voile du temple – qu’un sacrifice d’amour universel du petit soi vers le grand Soi, de l’Ego vers le Monde.

 

J’ai trouvé par ailleurs dans cet extrait d’un excellent texte de l’ordre sabbatique Order of the Nine Angles, que j’ai traduit pour vous. Il est étrangement semblable aux visions que j’eus dans le passé.

 

« L’un des secrets de l’Abysse est contenu dans cette citation d’un « texte alchimique » :

 

« Le secret du Mage/Muse qui repose au delà du degré de Magister Templi/Maîtresse de la Terre est une simple union de deux choses communes. Cette union est supérieure mais bâtie sur le double pélican étant intérieurement similaire au stade de Sol, extérieurement aussi mais à un degré inférieur. Ici se trouve l’eau vivante, AZOTH, qui tombe sur la Terre et la nourrissant, et de laquelle les graines s’épanouissent, plus lumineuses que le soleil. La fleur, préparée convenablement, sépare les Cieux – c’est le grand élixir qui provient de ce cette opération qui, quand ingérée dans le corps, se dissout en Sol et Luna, procurant l’exaltation. Celui qui prendra de cet élixir vivra immortel parmi les étoiles ardentes…

 

Ce secret est contenu dans quelques uns des textes alchimiques médiévaux : du pélican double vient l’Azoth. La « graine » doit être arrosée de cette eau vivante – de ceci, dépendant de certaines conditions de préparation et de soins, la graine fleurit. La graine est, de ce fait, arrosée dans la Terre. De cette fleur, l’élixir final est préparé. »

 

Le Pélican, symbole alchimique du sacrifice, est le symbole parfait du Grand Œuvre – il en est un similaire à Odin, le dieu pendu à qui les Runes sont révélées. Le cœur même du sacrifice est l’eau vivante dont parlent les textes, celle qui fera féconder et éclore les « œufs ». Certains philosophes hermétiques ont fait remarquer que le secret du Grand Oeuvre se révélait aux enfants et aux pauvres d’esprits, ceux qui ont su garder leur conscience pure. Cet Œuvre sainte ne nécessiterais rien de plus que la matière première, une simple chandelle (la lampe de l’hermite) et beaucoup de patience…

 

 

 

Bibliographie :

 

Soror PANDORA. Extrait d’un journal magique manuscrit, daté du 25 jan. 2008

 

WEST, Thorold. NAOS : A practical guide to Modern Magick, Order of Nine Angles, p. 107,

    trad. libre Soror Pandora 09

 

 

 

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